Technique · Genou

Prothèse totale de genou
bilatérale simultanée

Lorsque les deux genoux sont également touchés par l’arthrose, il est possible d’envisager leur remplacement dans la même intervention — une approche exigeante mais qui offre des avantages concrets aux patients bien sélectionnés.

Qu'est-ce que la PTG bilatérale simultanée ?

La prothèse totale de genou (PTG) bilatérale simultanée consiste à remplacer les deux genoux dans la même intervention chirurgicale, sous la même anesthésie. C’est une alternative à la stratégie classique « séquentielle » qui opère un genou, puis l’autre quelques semaines ou mois plus tard.

Cette approche n’est pas nouvelle, mais elle est aujourd’hui pratiquée de façon plus sélective, grâce aux progrès de l’anesthésie, de l’épargne sanguine et des protocoles de récupération améliorée après chirurgie (RAAC).

La PTG bilatérale simultanée n’est pas une solution « deux pour le prix d’un ». C’est une stratégie à part entière, dont les bénéfices et les risques spécifiques doivent être soigneusement pesés en fonction de votre profil.

Pour qui cette approche ?

Elle s’adresse aux patients qui présentent une arthrose avancée et symptomatique des deux genoux, lorsque les douleurs et la gêne fonctionnelle sont équivalentes des deux côtés. Deux profils typiques se dégagent :

  • Le patient actif, en bonne santé générale, qui souhaite minimiser le temps total d’arrêt de ses activités et accepter une rééducation plus intensive en contrepartie.
  • Le patient dont les deux genoux sont très désaxés (varum sévère notamment), chez qui opérer un seul côté créerait un déséquilibre majeur qui gênerait la rééducation.

Les avantages

Avantages

Ce que la bilatérale simultanée apporte

  • Une seule anesthésie, une seule hospitalisation
  • Une seule période d’arrêt de travail
  • Un seul protocole de rééducation
  • Récupération symétrique des deux membres inférieurs
  • Correction simultanée d’une éventuelle déformation axiale
  • Évite le report ou l’abandon de la seconde intervention
  • Coût global réduit (hospitalier et personnel)
Inconvénients

Ce qu’il faut accepter en contrepartie

  • Intervention plus longue (environ 2 heures)
  • Pertes sanguines doublées, parfois transfusion
  • Suites post-opératoires plus intenses
  • Mobilisation initiale plus difficile (les deux jambes douloureuses)
  • Rééducation plus exigeante, souvent en centre
  • Hospitalisation un peu plus longue (5 à 7 jours)
  • Nécessité d’un entourage présent au retour à domicile

Les risques spécifiques

Les complications d’une PTG bilatérale simultanée sont les mêmes que celles d’une PTG unilatérale (infection, phlébite, raideur, etc.), mais certaines sont statistiquement plus fréquentes :

  • Les événements thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire) : fréquence majorée du fait du décubitus bilatéral et des pertes sanguines plus importantes. Prévention renforcée par anticoagulants et bas de contention.
  • Les complications cardio-vasculaires : la durée opératoire allongée et le stress physiologique accru imposent une sélection cardiologique stricte.
  • Les transfusions sanguines : plus fréquentes, même avec les techniques d’épargne sanguine (acide tranexamique, récupération per-opératoire).
  • La raideur post-opératoire : la difficulté de mobilisation initiale justifie une rééducation très encadrée.
Les études comparant bilatérale simultanée et séquentielle montrent qu’avec une sélection rigoureuse des patients, les résultats fonctionnels à long terme sont comparables. C’est la sélection qui fait la différence, pas la technique en elle-même.

Les critères de sélection

La décision de proposer une PTG bilatérale simultanée repose sur une évaluation globale soigneuse. Les critères favorables :

Critères favorables

  • Âge généralement inférieur à 75 ans
  • Absence de pathologie cardio-vasculaire significative (bilan cardiologique validé)
  • Absence d’insuffisance respiratoire, rénale ou hépatique sévère
  • Hémoglobine pré-opératoire satisfaisante (≥ 13 g/dL), ou corrigée en pré-opératoire
  • Indice de masse corporelle maîtrisé (idéalement < 35)
  • Autonomie fonctionnelle pré-opératoire bonne
  • Entourage présent et impliqué pour le retour à domicile
  • Motivation forte et bonne compréhension des contraintes de la rééducation
  • Arthrose symptomatique bilatérale équivalente

Les contre-indications

Contre-indications relatives ou absolues

  • Pathologie cardiaque instable ou insuffisance cardiaque significative
  • Antécédents de thrombose veineuse profonde ou d’embolie pulmonaire
  • Insuffisance respiratoire chronique sévère
  • Diabète déséquilibré
  • Anémie non corrigée
  • Obésité sévère (IMC > 40)
  • Âge avancé avec fragilité
  • Isolement social (absence d’entourage au retour à domicile)
  • Arthrose unilatérale symptomatique ou nettement asymétrique

L'alternative : la stratégie séquentielle

La stratégie séquentielle (opérer un genou, puis l’autre après plusieurs semaines ou mois) reste la plus fréquente et présente ses propres avantages :

  • Charge physiologique allégée à chaque intervention.
  • Rééducation possible en appui sur le genou non-opéré, qui soutient la marche.
  • Risque moindre pour les patients fragiles ou à comorbidités.
  • Possibilité d’adapter la stratégie en fonction du résultat du premier côté.

Elle a aussi ses contraintes : deux hospitalisations, deux arrêts de travail, et parfois le patient renonce à opérer le second côté une fois le premier soulagé — ce qui peut créer un déséquilibre fonctionnel à long terme.

Le choix se fait avec vous

Il n’y a pas de « meilleure » stratégie dans l’absolu. La décision se prend en consultation, après évaluation médicale complète et discussion de vos attentes, de vos contraintes personnelles et professionnelles.

Le déroulement

Avant l'intervention

  • Consultation d’anesthésie approfondie avec évaluation cardio-vasculaire précise (ECG, écho cardiaque si nécessaire).
  • Bilan biologique complet, dont NFS pour dépister une anémie à corriger avant l’intervention (érythropoïétine et fer si besoin).
  • Consultation pré-opératoire dédiée pour valider la stratégie bilatérale et préparer le retour à domicile.

Le jour de l'intervention

  • Entrée en service le matin même ou la veille selon le protocole.
  • Anesthésie : rachianesthésie ou générale, discutée avec l’anesthésiste.
  • Durée opératoire : environ 2 heures (environ 60 minutes par genou, avec un temps de ré-installation entre les deux côtés).
  • Épargne sanguine renforcée : acide tranexamique systématique, récupérateur de sang per-opératoire (Cell Saver) si indiqué.
  • Surveillance post-opératoire en salle de réveil pendant 3 à 5 heures.

Les techniques utilisées

Je pratique la PTG bilatérale simultanée sur mes trois sites d’exercice, avec deux approches techniques complémentaires selon le lieu de prise en charge :

  • À la Clinique du Parc (Castelnau-le-Lez) — chirurgie assistée par robot VELYS™ : la précision du robot est particulièrement précieuse en bilatéral, pour garantir une symétrie parfaite d’alignement et d’équilibre ligamentaire entre les deux genoux.
  • À la Clinique Via Domitia (Lunel) et à l’Hôpital Privé de Salé (Rabat) — alignement cinématique avec la prothèse GMK SpheriKA® (Medacta) : pour restaurer de façon symétrique l’axe naturel pré-arthrosique de vos deux genoux, sans scanner ni IRM préopératoire.

Les suites opératoires

  • Durée d’hospitalisation : 5 à 7 jours en moyenne (contre 1 à 3 jours pour une PTG unilatérale).
  • Mobilisation dès le lendemain, avec kinésithérapeute dédié.
  • Premier lever à J+1, avec déambulateur dans un premier temps, puis cannes anglaises.
  • Appui complet autorisé immédiatement.
  • Antalgie multimodale adaptée (anti-inflammatoires, antalgiques, parfois PCA de morphine en complément).
  • Anticoagulation renforcée pendant 6 semaines.
  • Transfusion possible si l’hémoglobine descend sous un seuil critique (surveillance biologique).

La rééducation

La rééducation après PTG bilatérale simultanée est plus exigeante que pour une PTG unilatérale, puisque les deux jambes sont douloureuses et que le patient ne peut pas s’appuyer sur un côté sain.

Centre de rééducation ou retour à domicile ?

Dans la majorité des cas, je propose un passage par un centre de rééducation spécialisé pour 2 à 3 semaines après la sortie d’hospitalisation. Cette période permet :

  • Une mobilisation quotidienne intensive et encadrée.
  • La récupération de l’autonomie dans un environnement sécurisé.
  • La gestion de la fatigue et de la douleur par une équipe pluridisciplinaire.
  • L’adaptation progressive à la vie quotidienne avant le retour à domicile.

Le retour direct à domicile est possible pour les patients jeunes, actifs, avec un entourage très présent — mais cette décision se prend au cas par cas.

Calendrier de reprise

  • Semaines 1 à 3 : centre de rééducation (ou domicile avec kinésithérapie bi-quotidienne).
  • Semaines 4 à 6 : rééducation en ville, abandon progressif des cannes.
  • 2 à 3 mois : marche sans canne, reprise des activités quotidiennes.
  • 3 à 6 mois : reprise d’activités physiques adaptées (vélo, natation, marche).
  • Reprise du travail : variable selon le métier — généralement 3 à 6 mois.

Les résultats attendus

Dans la grande majorité des cas, les résultats fonctionnels à 1 an sont équivalents à ceux d’une PTG unilatérale, avec l’avantage considérable d’avoir corrigé les deux côtés en une seule démarche.

  • Disparition des douleurs mécaniques des deux genoux.
  • Correction symétrique de l’alignement des membres inférieurs.
  • Marche fluide et symétrique, sans boiterie compensatrice.
  • Reprise des activités du quotidien généralement acquise à 3 mois.
  • Satisfaction patient globalement élevée chez les candidats bien sélectionnés.

Mon approche

Une indication rigoureuse, pas systématique

Je ne propose pas la PTG bilatérale simultanée en première intention. C’est une option que je discute avec vous lorsque votre profil s’y prête et que vous l’évoquez spontanément — en expliquant honnêtement les bénéfices et les risques spécifiques de cette approche.

La décision finale vous appartient, prise en consultation partagée, après un bilan pré-opératoire complet et validation par l’équipe d’anesthésie. Dans la majorité des cas, l’approche séquentielle reste préférable — mais pour certains patients bien sélectionnés, la bilatérale simultanée est une excellente option.

Questions fréquentes

Est-ce que c’est plus risqué qu’une PTG classique ?

Les risques spécifiques (saignement, complications cardio-vasculaires, phlébite) sont statistiquement majorés par rapport à une PTG unilatérale. C’est pourquoi la sélection des patients est rigoureuse. Chez les candidats bien sélectionnés, le profil de risque reste acceptable et les études montrent des résultats comparables à la stratégie séquentielle.

Vais-je pouvoir me lever et marcher rapidement ?

Oui, dès le lendemain de l’intervention — mais la mobilisation est plus difficile qu’après une PTG unilatérale, puisque vous ne pouvez pas vous appuyer sur un côté sain. Le premier lever se fait avec un déambulateur et l’aide du kinésithérapeute. L’autonomie à la marche se construit progressivement sur les 2 à 3 premières semaines.

Serai-je transfusé ?

Pas systématiquement, mais c’est plus fréquent qu’après une PTG unilatérale. Nous utilisons les techniques d’épargne sanguine (acide tranexamique, récupération per-opératoire) pour limiter les pertes. Une anémie pré-opératoire est systématiquement corrigée avant l’intervention.

Combien de temps dure l’intervention ?

Environ 2 heures au total, soit environ 60 minutes par genou avec un temps intermédiaire de ré-installation.

Combien de temps d’hospitalisation ?

En général 5 à 7 jours en clinique, suivi le plus souvent de 2 à 3 semaines en centre de rééducation. Au total, comptez environ un mois entre l’entrée en clinique et le retour à domicile en autonomie.

Puis-je rentrer directement chez moi après l’intervention ?

C’est possible pour certains patients jeunes, actifs, avec un entourage très présent 24 h/24. Mais dans la majorité des cas, un passage par un centre de rééducation est préférable — il sécurise la récupération initiale et optimise les résultats fonctionnels.

La récupération est-elle plus longue qu’après une PTG classique ?

La récupération initiale (premières semaines) est plus intense. En revanche, la récupération fonctionnelle à 3 et 6 mois est comparable à celle d’une PTG unilatérale. L’avantage majeur : vous n’avez pas à refaire tout le parcours quelques mois plus tard pour le second genou.

Quand pourrai-je reprendre la conduite ?

Environ 6 à 8 semaines après l’intervention, lorsque vous aurez retrouvé une mobilité suffisante et une capacité de freinage d’urgence satisfaisante. La consultation de contrôle à 6 semaines permet de valider individuellement votre aptitude à reconduire.

L’intervention est-elle prise en charge ?

Oui, dans les conditions habituelles de la Sécurité sociale. Étant conventionné secteur 2, des compléments d’honoraires peuvent s’appliquer ; ils vous seront communiqués de façon transparente avant l’intervention.

Puis-je demander un deuxième avis ?

Bien sûr, et c’est même recommandé pour une décision aussi importante. Je peux vous transmettre votre dossier complet pour faciliter cette démarche.

Prendre rendez-vous

Pour discuter de la possibilité d’une PTG bilatérale simultanée, prenez rendez-vous sur l’un de mes trois sites d’exercice :

  • Clinique du Parc — Castelnau-le-Lez — consultations le lundi.
  • Clinique Via Domitia — Lunel — consultations le mercredi.
  • Hôpital Privé de Salé — Rabat (Maroc) — sur rendez-vous, tél. & WhatsApp : +212 6 89 68 59 97.

Apportez vos radiographies récentes des deux genoux et, si possible, votre dernier bilan biologique et cardiaque.

Monogramme Olivier Fontes

Prendre rendez-vous

Consultation en vue d’une PTG bilatérale simultanée — Clinique du Parc à Castelnau-le-Lez, Clinique Via Domitia à Lunel, ou Hôpital Privé de Salé à Rabat.